L’Édito de la Semaine…

L’Édito de la Semaine…

Ça c’est Toulon …


Après avoir dégusté quatre sardines à la braise, j’étais prêt à m’envoyer dans un sieston réparateur lorsque quelqu’un a frappé à la porte, entre deux badaous je me lève et vais ouvrir, vé, celle-là, c’était Mayol !


« Et bonjour l’ancien » me dit-il d’un air un peu mariole, «  je viens te voir parce qu’il se passe des choses bizarres, vendredi j’avais un moment et je me suis dit, tu vas aller applaudir tes petits, ils ont un beau match qui les attend près de la Rade.


J’enfile ma veste rouge et noire, je me passe un coup de peigne sur la houppette et je me pointe au stade.


Dégun, il y avait dégun dans les tribunes, même qu’un gaillard avec un gilet orange voulait m’empêcher de rentrer, alors comme je sais que tu es un des Z’ACRAU, cette sarabande de supporters fous du fanion, ce club de végétariens qui se régalent de la fleurette et de la cébette au figatelli bien arrosé, je viens aux renseignements, où je me suis trompé d’horaire où il y a une embrouille quelque part ».


Il était tout estransiné notre grand-père à tous et je voyais qu’il était prêt à en pousser une, pas une chansonnette mais une gueulante carabinée, la Cabane Bambou allait me tomber sur les brègues.


Alors d’une petite voix qui avait oublié le Pilou-Pilou, j’ai essayé de lui expliquer l’affaire calmement avec un petit goût de tristesse sur les babines, sûrement que là-haut dans son paradis il n’était pas au courant des événements.


Il a tout compris d’un coup, il a fait une petite larme et puis un grand sourire et m’a assuré que samedi il ferait le déplacement à Agen avec toute sa marmaille et comme chez lui c’est toujours le printemps il amènera un gros bouquet de muguet et il y a de fortes chances que tous les géants qui ont fait de notre RCT ce club légendaire, l’accompagnent dans ce bonheur qui ne connaitra jamais de fin.


Evidemment tu as compris, le rêve passe mais nous sommes tous enracinés dans cette pelouse où poussent nos brins de folie et où depuis si longtemps nous poussons nos mêlées, nos cris de victoire, notre chanson de la Coupe sacrée.


Une nouvelle fois nous piétinerons devant l’écran mais nous fermerons les fenêtres pour hurler comme des bêtes notre joie bafouée, notre passion incarcérée, notre amour bâillonné, mais surtout notre espoir illimité, démesuré, irréductible, cette attente qui nous escagasse une voye qui nous sort par tous les trous, vite vite, un jour, bientôt, demain, un arc en ciel dans la brume qui menace Besagne.


Minots, à force nous devenons gagas sur les bords de touche, on se rabâche dans nos vœux, nos encouragements, nos témoignages d’amitié et d’affection, le cœur prend le dessus sur la raison, et bè tant pis, tant mieux, quelques mots sont immuables, intouchables, formidables, vous, nous, Besagne, Mayol, la Rade, la Sorbe, ça c’est Toulon !!!




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